Politiques publiques

Inscrire les spécificités des compagnies de création dans les politiques publiques.

Communiqué3 juin 2026

Suspension de la saison culturelle 2026-2027 à Saint-Loubès : une décision politique qui affaiblit le service public de la culture

ACTUALISATION : Ce 3 juin, le Maire annonce revenir sur sa décision. La saison est maintenue. Nous restons dans tous les cas mobilisés aux côtés des compagnies. A Saint-Loubès et partout sur le territoire.

Le SYNDEAC, le SYNAVI et le SCC s'inquiètent de la décision de la nouvelle municipalité de Saint-Loubès en Gironde de suspendre l'ensemble de la saison culturelle 2026-2027 de La Coupole et des conséquences dramatiques pour la vie culturelle du territoire comme pour les compagnies professionnelles engagées.

La suspension à ce jour de 33 représentations assurées par 21 compagnies indépendantes, ainsi que plusieurs temps de résidence constituent une alerte extrêmement préoccupante. Cette décision intervient alors que La Coupole accueille chaque année près de 9 000 spectateurs et spectatrices venus de Saint-Loubès et des communes environnantes. Elle prive brutalement la population d'un accès régulier à la création artistique et remet en cause un travail de développement culturel mené depuis de nombreuses années. Pour les 21 compagnies concernées, cette suspension se traduit très concrètement par l’annulation de dates programmées de longue date : des engagements rompus et une fragilisation directe de leur équilibre économique.

Le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelle (Syndeac), le Syndicat national des arts vivants (Synavi) et le Syndicat des cirques et Compagnies de Création (SCC), trois organisations professionnelles du spectacle vivant public, apportent leur soutien aux loubésiens, aux loubésiennes ainsi qu'à l’ensemble des publics, artistes et compagnies professionnelles qui devaient être accueillis dans le cadre de cette saison.

Le mur d'investissement auquel sont confrontés les équipements culturels est aujourd’hui une réalité. Nombreuses sont les salles construites il y a trois ou quatre décennies qui nécessitent aujourd'hui des rénovations importantes afin de répondre aux enjeux de transition écologique et de sobriété énergétique.

Néanmoins, ces contraintes bâtimentaires, qui ne répondent pas à un impératif urgent de mise en sécurité des publics et professionnels accueillis, ne peuvent justifier la disparition abrupte d'une saison culturelle entière.

Suspendre une programmation ne relève pas d’un ajustement technique : c'est un choix politique. C’est aussi un choix qui demeure réversible.

Parce que l'accès à la culture est un droit fondamental et un élément essentiel de la vie démocratique, le SYNDEAC, le SCC et le SYNAVI demandent à la municipalité de Saint-Loubès de revenir sur cette décision et d'engager sans délai un dialogue avec l'ensemble des parties prenantes et leurs représentants afin de garantir la continuité de l'offre culturelle sur le territoire et des engagements pris avec les structures. Nos organisations invitent l'ensemble des professionnels de la culture, des élus, des habitants du territoire à soutenir le maintien de la saison culturelle et à signer et relayer largement la pétition en faveur du maintien de la saison culturelle. Nos organisations appellent également à rejoindre le rassemblement prévu ce vendredi 5 juin à 17h30 à la Coupole en marge du conseil municipal.


Le SYNDEAC, le SYNAVI et le SCC

Communiqué11 décembre 2025

Fonpeps, une nouvelle menace sur l’emploi culturel !

Communiqué de presse de l’intersyndicale du spectacle vivant public

Fonpeps, une nouvelle menace sur l’emploi culturel !


Lors du bureau du Conseil National des Professions du Spectacle, le ministère de la Culture a annoncé la reconduction du dispositif FONPEPS par décret pour trois ans, avec une perspective budgétaire en baisse de 40%. L’intersyndicale du spectacle vivant public dénonce une rupture inédite du dialogue social et alerte les parlementaires dans le cadre des débats autour du Projet de la Loi de finances 2026.

Le FONPEPS (Fonds National Pour l'Emploi Pérenne dans le Spectacle) est un dispositif créé en 2016 par le ministère de la Culture pour soutenir activement l'emploi durable dans le secteur du spectacle vivant et enregistré, tant dans le secteur public que privé.
Il constitue le premier fonds dédié spécifiquement à la réduction de la précarité dans ces secteurs en encourageant les structures employeuses à créer des emplois plus pérennes et à allonger la durée des contrats de travail.

Depuis plusieurs années, l’intersyndicale du spectacle vivant public ne cesse d’alerter sur l’insuffisance manifeste des crédits dédiés au Fonpeps, unique dispositif de soutien à l’emploi pour notre secteur.

Nos organisations et syndicats se sont massivement mobilisés et notamment cet été, où le ministère de la Culture s’est vu contraint de suspendre temporairement le dispositif, faute de crédits disponibles.

Alors que le refinancement du Fonpeps constitue un axe majeur d’interpellation auprès des parlementaires dans le cadre de la Loi de Finances 2026, nous apprenons que son sort serait scellé pour les trois années à venir.

Le Gouvernement, outrepassant les discussions parlementaires actuellement en cours sur le budget, annonce la reconduction du dispositif par décret avec une perspective budgétaire qui équivaut à une baisse de 40% de son financement. Le dispositif de soutien serait financé à hauteur de 35 millions d'euros, soit deux fois moins que le financement nécessaire.

Cette annonce est inacceptable.

À l’heure où les financements publics du secteur non-marchand du spectacle vivant s’effondrent, cette nouvelle coupe budgétaire est une catastrophe annoncée pour l’activité et l’emploi pour l’ensemble de la profession. Elle constitue aussi une nouvelle provocation à l’encontre des organisations et syndicats représentatifs mais également à l’égard du travail parlementaire en cours.

La concertation, entamée au printemps 2025 avec l’ensemble des partenaires sociaux pour une révision du dispositif, est aujourd'hui à l’arrêt, dans un contexte où notre secteur n’a jamais été autant menacé.

La méthode engagée est alarmante. Alors même que la Loi de Finances 2026 - et donc le budget du ministère de la Culture - est débattue au Parlement, la publication de ce décret porterait gravement atteinte au fonctionnement démocratique de nos institutions et au pouvoir législatif du Parlement.
Nous interpellons en urgence l’ensemble des parlementaires pour leur rappeler leur responsabilité dans la pérennité et le financement durable de ce dispositif. La culture bénéficie aujourd’hui d’un unique dispositif pour aider à la pérennisation de l’emploi, très loin des 211 milliards d’euros perçus par les entreprises et ce, sans contrepartie.

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