Lettre ouverte aux équipes indépendantes - Alertes aux compagnies

Résumé

Chères compagnies et ensembles indépendants, Nous adressons cette lettre ouverte pour vous alerter sur le document publié par le SYNDEAC « La mutation écologique dans le spectacle vivant » et sa proposition n°2. Au moment où le Ministère de la Culture travaille sur son plan « Produire mieux, diffuser mieux », de tels positionnements de la part du syndicat historique du spectacle vivant public doit nous inquiéter collectivement.

Chères compagnies et ensembles indépendants,

Nous adressons cette lettre ouverte pour vous alerter sur le document publié par le SYNDEAC « La mutation écologique dans le spectacle vivant » et sa proposition n°2.
Au moment où le Ministère de la Culture travaille sur son plan « Produire mieux, diffuser mieux », de tels positionnements de la part du syndicat historique du spectacle vivant public doit nous inquiéter collectivement.

Cette proposition indique :

“Engagement n°2 :
Les adhérents du Syndeac s’engagent à favoriser des pratiques d’inclusivité territoriale.
En contrepoint de l’engagement 1, le Syndeac souhaite mettre en avant les pratiques d’inclusivité qui, au contraire des clauses d’exclusivité, encourageraient lieux de diffusion et équipes artistiques à multiplier les représentations sur un même territoire, dans un cadre écologique volontaire.
Différents mécanismes incitatifs peuvent être imaginés, comme la proposition d’un prix de cession unitaire décroissant en cas de multidiffusion au sein de lieux de diffusion coopérant entre eux sur un même territoire - à l’image de ce qui se fait déjà régulièrement à l’échelle de la relation entre un lieu et une équipe artistique. Le prix de cession pourrait varier selon le nombre de lieux régionaux impliqués, le nombre de représentations achetées par lieu et le nombre total de représentations acheté par les lieux coopérateurs. Il convient cependant de veiller à ce qu’un mécanisme de ce type n’en vienne pas à réduire le coût de cession au point d’impacter l’activité future des équipes artistiques. S’agissant d’une politique centrée sur la diffusion, il conviendra d’élaborer des dispositifs permettant d’y répondre (en concertation avec les collectivités territoriales et des partenaires comme l’ONDA).
On peut également penser à la programmation multiple (plusieurs spectacles d’une même équipe artistique) dans différents lieux de diffusion en contrepartie de la réduction mécanique des frais d’approche, ou bien à l’obligation d’avoir au moins un artiste associé émergent du territoire quand un lieu compte plusieurs artistes associés.”


Cet engagement étant présenté comme un engagement syndical, nous allons proposer que celui-ci soit discuté dans le cadre qu’il convient, à savoir celui de la convention collective nationale des entreprises artistiques et culturelles.
Nous pouvons d’ores et déjà indiquer au SYNDEAC que nous refuserons catégoriquement que les équipes artistiques soient la variable d’ajustement des lieux pour que ceux-ci répondent au défi écologique.
Proposer un “changement de modèle” comme l’expose le SYNDEAC dans son introduction, ce n’est certainement pas demander des moyens supplémentaires d’un côté et assumer de paupériser des équipes artistiques de l’autre.

Chaque négociation vient fragiliser cet équilibre.

Les compagnies ne passent pas leur temps à demander à ce que les lieux ou ceux qui les dirigent aient moins de moyens. Nous attendons la réciprocité et rappelons à toutes fins utiles que l’artistique doit être le cœur de toute politique publique du spectacle vivant. Les premiers acteurs en sont les équipes artistiques. Ce sont « ceux qui font ». 

Il est temps de cesser ce discours libéral parmi ceux qui se réclament du “service public de la Culture”. Le “en même temps” a ses limites.

Nous le disons haut et fort au SYNDEAC : nous, principaux représentants des compagnies sommes ouverts au dialogue et réclamons depuis de très nombreuses années des modifications profondes des politiques publiques de la Culture.
Nous souhaitons que le travail sur la transition écologique ne s’arrête pas à ce seul chantier mais que la modification profonde de paradigme qu’il impose soit également l’occasion de travailler sur les rapports de domination à l'œuvre depuis trop longtemps dans le spectacle vivant.

La dégressivité telle qu’elle est demandée est inacceptable. Nous ne vendons pas des produits industriels. Jouer la 15ème représentation d’une œuvre coûte aussi cher que jouer la 1ere. Nous ne ferons pas porter les économies sur nos salarié·e·s.

Les compagnies choisissent leurs politiques tarifaires. Nous l’affirmons depuis des années dans notre texte “Le coût plateau n’est pas le prix de cession :

“Au delà des salaires de représentation, de nombreux autres coûts doivent également être couverts : amortissement du spectacle, salaire des administratifs, chargé(e)s de diffusion, directeurs/trices artistiques, remplacement du matériel,...

Dans le prix de cession, la marge permet d'imaginer les futurs projets...

Etre une compagnie, c'est construire et défendre un projet artistique qui s'inscrive dans le temps”


Nous le disons également aux compagnies et aux équipes artistiques : rassemblons-nous ! Venez renforcer les rangs des syndicats qui vous défendent.

D’autres s’organisent et font des propositions à vos dépends.


Le Syndicat des Cirques et Compagnies de Création
compagnies.org

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