Le SCC quitte l'UFISC
Depuis sa création en 1998, le SCC, membre fondateur de l'Ufisc, a contribué à la réflexion sur l'économie plurielle et les modes de gestion du secteur culturel. Malgré des divergences d'opinions et des attentes non satisfaites, le SCC a toujours participé activement aux chantiers de l'UFISC. En 2023, le SCC a décidé de quitter l'UFISC, marquant le début d'un nouveau chapitre tout en continuant à défendre une économie solidaire et à dialoguer avec les acteurs du spectacle vivant.
25 ans d'engagement actif du SCC au sein de l'UFISC
En 1998, le Syndicat des Nouvelles Formes des Arts du Cirque, qui allait devenir le Syndicat des Cirques et Compagnies de Création — SCC— quelques années plus tard a participé à la création de l’Union Fédération d’Intervention des Structures Culturelles —UFISC — avec la Fédération des Arts de la Rue, la Fédurok et ce qui allait devenir le SYNAVI.
Au départ, ce simple rassemblement en réaction sur la fiscalité des associations, a élargi sa réflexion commune à l’emploi, puis aux modes de gestion caractérisant notre secteur, pour parvenir finalement à l’affirmation d’un espace socio-économique spécifique. Il se caractérise par une économie plurielle et des organisations à finalités non-lucratives qui se situent dans une économie que l’on qualifiera « d’économie non lucrative de marché » relevant également du concept de « tiers secteur ».
Durant 25 ans, nous avons toujours été actifs au sein de l’Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles (UFISC).
Depuis de nombreuses années toutefois, nous faisons part de nos attentes et souhaits d'évolution du fonctionnement de l'Union, particulièrement sur le champ qui nous concerne en premier lieu : la structuration professionnelle.
La position du SCC sur le paritarisme et le dialogue avec les syndicats
Nous croyons fermement au collectif et déjà en 2014, lors de la mission Gille / Archambault / Combrexelle sur l’intermittence du spectacle vivant, nous alertions sur la participation de représentants de l’Union sans que ne soit jamais débattu en interne la position collective. Nous ne savions pas ce qui était défendu par nos représentants.
Nous nous sommes inscrits dans le paritarisme dès la création du SCC en 1997. Nous avons fait le choix de représenter l'intérêt des compagnies de création, et par là-même les employeurs. Nous nous percevons comme une organisation progressiste, nous avons besoin du dialogue et de la négociation avec les organisations syndicales de salarié·e·s. Il nous apparaît que le système de protection sociale français démontre la réussite du dialogue paritaire et qu’aujourd’hui il est plus que jamais nécessaire de défendre ces corps intermédiaires.
Nous avons été souvent critiques en interne sur la rhétorique utilisée par l’UFISC et de la confusion qu’elle entraînait sur sa position.
Un engagement constant malgré les divergences d'opinions
En 2016, lors de la consultation sur le fonctionnement et l’évolution de l’union, le SCC indiquait les limites qu’il trouvait à l’Ufisc de l’époque et proposait des orientations structurelles et fonctionnelles.
Alors que d’autres contributions posaient des diagnostics similaires, il n’y a pas eu d’évolution notable – à nos yeux – de l’Union pour prendre en compte ces diagnostics et propositions.
Au-delà de ces alertes et de ces contributions sur le fonctionnement de l’Ufisc, le SCC s’est toujours mobilisé – à la hauteur de ses moyens et bien souvent au-delà – dans nombre de chantiers de l’Ufisc.
Nous avons toujours discuté, amendé, proposé…
Puis, il est vrai que depuis 2020, nous avons pris de la distance par rapport à des positionnements politiques de l’Ufisc.
Nous avons, par exemple, fait le choix de développer nos propres plateformes pour les Régionales, puis en collaboration avec le SYNAVI, une Plateforme Commune pour les Présidentielles et Législatives 2022 (www.plateforme-commune.fr).
En parallèle, tout au long de 2022, nous avons dans le cadre d’un séminaire interne, fait part de nos problématiques et de nos difficultés et rédigé des propositions pour tenter de les résoudre.
Peu de ces propositions ont été discutées et aucune des propositions présentées au Conseil d’Administration n’a obtenu de majorité, ou fait l’objet de contrepropositions.
Le départ du SCC de l'UFISC : un nouveau chapitre commence
En avril 2023, nous avons donc indiqué que nous souhaitions suspendre provisoirement notre participation afin de nous donner le temps de la réflexion sur la poursuite de notre investissement dans l’UFISC.
Le bureau de l’Ufisc nous a imposé de prendre une position avant la fin du mois de juin 2023.
En conséquence, ce sujet a été mis à l’ordre du jour de notre Conseil National du mardi 6 juin.
Après débat, le Conseil National a voté son départ de l’UFISC à effet immédiat.
Le SCC continuera de travailler sur les sujets qui lui ont valu de participer à la création et à la vie de l’Union pendant 25 ans. Nous continuerons de travailler sur une économie solidaire dont nous nous revendiquons.
Nous continuerons de dialoguer individuellement ou collectivement avec les organisations membres de l’UFISC et l’UFISC elle-même pour construire le spectacle vivant et faire entendre notre volonté d’une évolution majeure des politiques culturelles.
Nous continuerons ainsi à confronter nos idées et, nous le souhaitons, aller dans le sens du commun.
Le SCC est fier d’avoir participé à cette aventure collective pendant 25 ans.
Demande du SCC pour une place au Conseil National des Professions du Spectacle
Le SCC demande que la FSICPA, organisation qui rassemble le SCC et le SYNAVI et qui représente une entreprise sur quatre syndiquée dans le spectacle vivant (CCNEAC et CCNSVP confondues) bénéficie d’un place au bureau du Conseil National des Professions du Spectacle (CNPS).
Nous engageons un dialogue avec le Ministère de la Culture et les organisations membres du CNPS dans cet objectif.